UN IMPREVU DE TAILLE APPELE COVID-19


Le quatorze janvier deux mille vingt, je suis convoquée à un jury pour un poste sur lequel j’ai envoyé ma candidature. Quelques semaines plus tard, je reçois un courrier disant que je suis prise sur ce poste. Il est prévu que je prenne mes fonctions le premier avril deux mille vingt. Je suis heureuse d’avoir été accepté, même si aujourd’hui je suis bien entourée, l’envie de voir autre chose est toujours présente. Il me reste un peu plus d’un mois, je ne réalise pas trop ce qui se passe, pour moi c’est un premier pas de franchi vers la sortie. Malgré ça, je ne sais pas si c’est la date qui me fait dire qu’il va y avoir quelque chose, mais je dis à mes collègues que je ne le sens pas. D’un autre côté je me dis que je vais commencer ailleurs, à la même date où j’ai commencé dans ce service cinq ans après. La boucle est bouclée. Je vais pouvoir fêter ça avec des collègues que j’apprécie et réciproquement. Même là, je sens quelque chose qui cloche. La date de mon pot de départ est prévue le vendredi vingt-sept mars. J’en informe ma responsable et mes collègues deux semaines avant. J’invite le responsable qui est parti, avec qui je n’ai plus trop de contact aujourd’hui, néanmoins je souhaitais l’inviter et le laisser prendre la décision de venir ou pas. Il m’a répondu dans les minutes qui ont suivi qu’il ferait tout son possible pour venir. Je l’en remercie. Ce sont les deux responsables, lui et celle que j’ai actuellement, qui m’ont redonné confiance en moi, ils ont eu besoin de mon savoir-faire, j’ai développé d’autres compétences supplémentaires. Il me paraissait donc logique de fêter mon nouveau départ avec eux. Même si je sentais qu’il allait y avoir un problème, je ne pensais pas que cela serait à ce point. Début mars un virus appelé « Corona virus ou Covid-19 » fait son apparition. Elle vient de Chine et à traverser l’Italie avant d’arriver en France. C’est un virus ayant des symptômes similaires à un état grippal, plus virulent sur le système respiratoire. Il provoque des décès surtout chez les personnes âgées ou sensibles au niveau respiratoire. Un peur panique générale envahie les pays touchés, la France ne sera pas épargnée. Nous commençons à être sévèrement touché, alors se met en place ce qui a été fait dans les autres pays contaminés, le confinement. En quelques jours les écoles, crèches, administrations ferment. Nous fermons notre structure mi-mars, juste après le premier tour des élections municipales qui ont malgré, tout été maintenu en suivant les précautions d’usage demandées. Il ne reste que les grandes surfaces ouvertes, ainsi que les pharmacies. C’est la panique générale les gens se ruent pour engranger des provisions alimentaires. C’est le premier réflexe, répondre aux besoins primaires. Les hôpitaux se remplissent de jour en jour de nouveaux cas, les personnels soignants sont épuisés. Des applaudissements aux fenêtres tous les soirs à vingt heures, se font entendre aux quatre coins du Pays pour rendre hommage et encourager toutes ces personnes qui se lèvent pour nous soigner, pour que nous puissions continuer d’aller faire nos courses sereinement et intelligemment, les pharmaciens, les médecins, les aides à domicile, les facteurs, les pompiers, les chauffeurs poids lourds, les policiers, les ambulanciers, les personnels de crèche pour garder les enfants du personnel soignant, les infirmiers, les aides-soignants, les enseignants qui mettent en place un suivi pédagogique par internet et j’en oublie certainement, je m’en excuse et les remercie du travail et des efforts qu’ils fournissent quotidiennement. 

En attendant, nous devons nous déplacer le moins possible nous munir d’une attestation à remplir selon le motif de la sortie, spécifié sur le document type et officiel disponible sur internet ou dans certains journaux quotidiens en format papier. Donc bien évidemment, pas de pot de départ ni de départ tout court ! Bien que si un retour chez moi avec mon mari et mon fils confinés eux aussi. Mon fils venait de reprendre le chemin du lycée avec un emploi du temps aménagé, à la suite d’absences prolongées liées à des maux de tête très invalidants. Aucun traitement ne vient à bout, avoir enlever les bagues aux dents quelques mois avant la date prévue, examiner les yeux chez l’ophtalmo, et éliminer une piste ORL type sinusite, c’est le neurologue qui a pu émettre un diagnostic. Il pose le diagnostic de migraines chroniques, il donne un premier traitement dont l’efficacité n’est pas franche et provoque un ralenti du transit. La visite suivante le traitement à l’air bon. Il lui permet en tous cas de reprendre le chemin du lycée, et tenter de reprendre sa vie de lycéen en douceur, jusqu’à ce que cette fois-ci ce soit un élément extérieur qui l’oblige à rester à la maison. Il peut suivre les cours de la maison et réaliser les devoirs demandés. Nos filles sont restées dans la ville où elles étudient, entourées de leurs petits amis respectifs, ce qui est rassurant car elles ne sont pas seules. Même si nous aimerions les avoir auprès de nous en tant que parents. C’est comme si quelqu’un avait appuyé sur le bouton « reset » et que tout le monde devait repartir de zéro et se mettre sur pause. Savoir profiter de chaque moment de la vie, surtout lorsque nous sommes en bonne santé. Prendre du temps pour soi et pour ses proches, même si c’est à distance. Lire, écrire, faire du tri, bricoler, cuisiner… Ne pas se laisser envahir par la peur, ne pas non plus se dire que ce qui se passe n’est pas grave. Ça l’est ! Des gens décèdent chaque jour de ce virus, des personnes se lèvent chaque jour pour tenter d’en soigner, d’en sauver. Ils prennent des risques énormes, parce que c’est leur métier de soigner les personnes malades, même s’ils y vont la peur au ventre. Certains d’entre eux, ont des enfants qu’ils doivent faire garder, prier pour qu’ils ne soient pas porteurs sains de cette maladie, et craindre de la transmettre à leur entourage. Ils aimeraient très certainement être à notre place à la maison, à ne plus savoir quel jour nous sommes ou quelle heure il peut bien être. Perdre la notion du temps. Ce temps contre lequel nous courions il y encore quelques semaines, ce temps si précieux qu’il faut savoir utiliser. Cette période va permettre à des personnes d’attendre de pouvoir reprendre leurs activités où ils les avaient laissées, et à d’autres de changer de comportement dans leur quotidien. Voir la vie sous un nouveau jour, réaliser à quel point nous devons prendre soin de nous et des autres. Essayer de ne pas retomber dans la surconsommation, en commençant par moi. Revoir le sens de ses priorités, de ses valeurs, et savoir s’émerveiller des beautés que la nature nous offre tous les jours, mais que nous ne voyons plus. Réapprendre à sourire, à rire, à vivre. 

SBM 2020

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