17 novembre 1997


Cette date est le début de mon changement de vie.
Celui où la trajectoire de ma vie été bousculé à jamais.
Celui où ma famille n’était plus une famille « comme les autres »
Ce jour là met fin à la vie de ma maman qui se prénommait Roselyne.
Elle avait 51 ans et une tumeur au cerveau l’a emporté
Elle se sera battu pendant près d’un an seulement, cette maladie a été plus forte.
Elle est décédée deux jours après que j’ai fait ma première échographie me rassurant sur le fait que mon bébé allait bien et trois jours avant mes vingt cinq ans.
Comment gérer ces émotions aussi contradictoires ?
La joie de devenir maman au moment où je perd la mienne
Je n’ai pas géré.

Je me suis accrochée à ce bébé qui ne faisait que quelques centimètres mais qui est arrivé comme pour me dire qu’il y avait un passage de relais… Ma maman disparaît et ce bébé apparaît pour qu’à mon tour je devienne maman…
Cela a été ma façon de voir les choses pour chercher une explication logique à cette situation.
Une jolie petite fille est née au mois de juillet et même si elle a su rallumer une partie de mon coeur, une autre est restée éteinte très longtemps.
Les fêtes des mères, la Toussaint, les 17 novembre qui ont suivi et les 20 novembre ont été une véritable torture pendant près de 20 ans.
Je comptais les années qu’il me restait jusqu’à mes 51 ans… l’âge où je disparaîtrai sûrement à mon tour… Mes anniversaires sont devenus un mauvais moment à passer durant toutes ces années.
Jusqu’au jour où à la suite d’une psychothérapie, il m’a été dit que ma mère souhaiterait me voir heureuse et en vie. Cela a été le premier déclic après plus de 15 ans de pensées négatives et de peurs en tous genres, des dépenses compulsives au moment de la fête des mères, de son anniversaire de naissance, ou encore de mon anniversaire comme si je devais palier à ce manque de donner ou de recevoir. Au fur et à mesure cette crainte de la maladie s’est dissipée même si j’ai conscience que si cela doit arriver cela arrivera peu importe l’âge.

Je me demande si je connaîtrais mes petits enfants ? Si mes enfants souhaitent et peuvent avoir des enfants.

Ce bébé aurait été sa première petite fille, j’en voulais à cette maladie de l’avoir priver de ça et de laisser à mon père la lourde tâche d’assumer le rôle de grands parents. Lui qui était à la retraite depuis le mois d’octobre de cette même année…il s’en sort très bien mais pour lui aussi cela a été très difficile et encore plus maintenant qu’il a 83 ans. Mon frère a lui aussi eu du mal ce qui est compréhensible.
La peur de vivre la même chose m’a poussé à être moins introvertie, à exprimer mes émotions que je gardais en moi comme ma mère les gardait en elle, à me battre contre des causes injustes, et à transformer le négatif en positif.
Il reste encore du travail à faire mais je vois les effets de tout ce travail que j’ai pu faire grâce à la rencontre d’ami(e)s et de professionnel(le)s qui ont su trouver les mots et les techniques pour m’aider à me sortir de cette spirale infernale dans laquelle je m’étais mise et dont je ne savais comment sortir.

Ce qui m’a aidé à un moment aussi a été l’écriture, ne sachant pas dessiner cette technique m’a aidé à exprimer toujours en silence, mes souffrances. Une fois posées sur le papier, ces douleurs disparaissaient au début momentanément et maintenant je m’en rends compte encore plus aujourd’hui où je pense à ma maman, je suis triste mais plus anéantie.
C’est comme un voile de tristesse qui se dépose aujourd’hui pour s’envoler demain et pas des moments de profonds désespoirs des semaines avant chaque événement.
Pour mes enfants cela restera une inconnue.
Pour moi c’est la personne irremplaçable qui a fait ce qu’elle a pu pour que mon frère et moi ne manquions de rien….

Une maman !

Même si je ne la vois plus, même si je ne l’entends plus, je sais qu’elle est là quelque part et partout à la fois. Elle me guide et me pousse à développer les potentiels cachés que j’ai en moi.
Probablement les mêmes qu’elle avait mais qu’elle ne pouvait pas exprimer de peur de ne pas être comprise, de ne pas être « comme tout le monde »que se soit dans sa propre famille ou dans le monde du travail.
Merci pour tout ce que tu m’as appris et pour l’amour que tu m’as donné.
Merci de m’avoir transmis cette hypersensibilité qui parfois est difficile à gérer mais c’est une grande et belle richesse que je suis fière d’avoir transmis à tes trois petits enfants

SBM 1120

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s